Il y a quelques années ces textes
ont été publié sur le site EpsyWeb; Albert
OHAYON nous avait hébergé sur FemiWeb. Ils n'étaient
pas destinés à un enseignement de la psychanalyse
mais plutôt à sa transmission pour un public
large, pour un lecteur averti et intéressé.
Il s'agissait à l'époque de réunir des
textes rigoureux sur le plan théorique et clinique,
compréhensibles pour le lectorat que nous avions défini,
tournés vers l'actualité (politique, culturelle,
cinématographique, sociétale), proposant une
lecture des faits de société d'un point de vue
de la psychanalyse Lacanienne et Freudienne. Par la suite
avec Denise VINCENT, Jean-Claude PENOCHET et Charles MELMAN,
à partir du concept de ce site, nous avions élaboré
un projet pour le développer : augmenter le nombre
de rubriques, diversifier l'origine des intervenants etc…etc…
ce projet n'a pas abouti.
Actuellement le bureau de l'Ecole Psychanalytique du Languedoc-Roussillon
a estimé qu'il était cohérent de mettre
sur son site les anciens textes d'EpsyWeb car la plupart ont
été rédigés par les membres de
l'Association Lacanienne Internationale et qu'il était
intéressant que le lecteur connaisse le contexte de
leur publication. Certains auteurs répondront peut
être à vos questions. Nous verrons bien, en tout
cas bonne lecture.
Bob SALZMANN
Série
: MAMAN J'AI PEUR, SUITE.
Par Denise VINCENT
1. Agressivité infantile
Numéro 1. La fascination
du feu.
Nous avons déjà parlé de l'énurésie
et nous avons montré qu'elle peut être une manifestation
névrotique d'une intense agressivité défensive.
L'enfant peut se sentir menacé, débordé
par une colère intérieure dont il se défend
comme il peut à l'occasion de ses rêves ou de
ses cauchemars. Des cauchemars incendiaires peuvent revenir
répétitivement qu'il éteint avec son
jet urinaire. Il est le pompier avec sa lance au jet puissant
qui éteint un feu envahissant. Ce feu représente
sa propre agressivité qui se transforme en terreur
nocturne. En se mouillant, il se défend de ce qu'il
ressent comme un danger qui vient de l'extérieur. En
se mouillant, ce sont souvent ses parents qu'il attaque, ses
parents de la chambre à coucher dont l'intimité
le rend terriblement jaloux. Ces pulsions agressives à
leur égard sont liées à son conflit oedipien.
En même temps il aime et il admire son père et
il est terriblement jaloux parce qu'il possède la mère
dont il s'est senti longtemps le possesseur exclusif. Il peut
très bien utiliser son énurésie pour
faire irruption dans la chambre des parents en pleine nuit.
Ces fantasmes et ces cauchemars incendiaires trouvent finalement
leur expression dans la réalité, quand l'enfant
renonce à son comportement régressif, quand
il cesse de mouiller son lit et qu'il cherche à prendre
son autonomie. C'est en général le moment qu'il
choisit pour se livrer avec le feu à des expériences
aussi saugrenues que dangereuses. Les ardeurs incendiaires
des enfants dans leurs jeux peuvent se transformer en dangereux
pyromanes, puis en valeureux pompiers successivement. On a
bien des exemples même chez les adultes de ces doubles
et paradoxales vocations d'incendiaires et de sauveteurs.
Ces jeux ne sont pas de tout repos pour les parents. Je me
souviens de deux garçons qui avaient installé
le circuit de leur train électrique sous leur lit et
qui avaient enfoncé une bougie allumée, pour
éclairer la scène, dans la cheminée de
la locomotive. Ils avaient réalisé après
de nombreux circuits la combustion lente de la toile qui faisait
l'envers du sommier et ils avaient bien failli mettre le feu
à leur chambre quand cette toile s'était enflammée.
Les jeunes adolescents traduisent de cette façon leurs
ardeurs sexuelles inemployées. Il convient de canaliser
cette fascination pour le feu la nuit et leur apprendre les
précautions élémentaires pour éviter
les drames et si ce feu échappe à leur contrôle
leur demander de donner l'alerte. Leur interdire les allumettes
et les briquets est tout à fait irréalisable.
Certains d'entre eux peuvent passer des heures à allumer
et éteindre un briquet. La recrudescence des pulsions
génitales s'accompagne de pulsions destructrices. Les
fantasmes incendiaires s'imposent avec l'exercice de la masturbation.
La masturbation d'un enfant est la chose la plus banale qui
soit, mais quand elle est inséparable de pulsions destructrices,
elle déclenche chez lui un sentiment d'intense culpabilité.
Chez l'enfant à l'âge de l'oedipe, c'est-à-dire
entre trois et cinq ans, elle accompagne les fantasmes de
désir incestueux. C'est plus tard que ces rêveries
s'accompagnent de pulsions hostiles et que s'exacerbe la haine
autant que l'amour qui déclenche chez l'enfant une
culpabilité, source de sensations pénibles puisqu'elle
frustre ses pulsions sexuelles. L'attitude répressive
des parents devant ces manifestations d'une génitalité
naissante est tout à fait inutile. Par contre, il est
essentiel que les parents fassent comprendre à l'enfant
que la recherche de son plaisir doit être réservée
à son espace privé. Dans sa chambre, dans son
lit, il est chez lui et on ne se mêle pas de ses affaires.
La masturbation n'a pas à être étalée
en famille. C'est quelque chose qui va de pair avec une attitude
pudique des parents eux-mêmes. Eux non plus n'ont pas
à rendre leurs enfants témoins de leurs ébats.
Ce que Freud appelle la liquidation du complexe d'Oedipe n'est
rendu possible que par l'acceptation d'un pacte, par l'acceptation
de cette contrainte à la limitation de leur exhibition
réciproque. Une des premières conquêtes
de notre humanité a été cet acquis de
la pudeur.
Dans son développement, le petit de l'homme fera la
conquête d'une relative autonomie à partir du
moment où se séparant de sa mère, en
accomplissant ses premiers pas, en acquérant la maîtrise
de ses sphincters, il établit un espace privé,
dégagé du regard maternel. La liquidation de
l'Oedipe n'est possible que si l'enfant peut faire des expériences
avec chaque partie de son corps, loin de la vigilance parentale.
L'enfant pyromane est celui qui est obligé de conquérir
de haute lutte cette autonomie, à cause d'une mère
trop autoritaire, trop indiscrète ou trop penchée,
trop tendre qui met l'enfant en état d'incandescence.
Ce qu'on appelle la période de latence est cette période
qui suit la liquidation de l'Oedipe vers cinq ou six ans et
qui correspond au moment où l'enfant entre à
la grande école. Les apprentissages scolaires essentiels,
l'acquisition de la lecture et de l'écriture, les rudiments
du calcul se feront facilement si l'enfant est pacifié,
si ses ardeurs génitales sont mises au repos. L'enfant
sera d'une intelligence d'autant plus disponible qu'il aura
mis en veilleuse ses ardeurs destructrices.
Numéro 2. Quand les enfants
se battent....
Tous les enfants sont instinctivement agressifs. On peut même
dire qu'ils détiennent tous un certain potentiel d'agressivité.
Les plus actifs l'expriment avec leurs poings et leurs pieds,
d'autres provoquent passivement la violence des plus actifs.
La rivalité est une phase indispensable des relations
entre frères et soeurs, c'est une étape parmi
celles que les amènent à la socialisation.
Il est très difficile de dire quand l'agressivité
devient pathologique. Certains enfants vivent en état
de tension permanente du fait, par exemple, de la mauvaise
entente des parents, de l'exiguïté des logements,
mais aussi à cause de la maladresse des parents qui
manifestent trop nettement leur préférence pour
l'un de leurs enfants.
L'enfant mal aimé est un enfant jaloux, s'il est trop
bridé, il peut éprouver des bouffées
de violence qui peuvent faire de lui un adversaire dangereux.
Il ne se bat plus pour rire mais pour faire mal. Nous n'avons,
jusqu'à présent, parlé que des garçons.
Les filles en général se battent moins qu'eux.
En réalité les filles ont besoin, comme les
garçons, d'exprimer leur agressivité, mais sous
une autre forme. Elles donnent beaucoup plus d'importance
aux moqueries, aux jalousies, aux quarantaines, aux espionnages
et aux commérages. Elles cherchent à inhiber
les garçons par de petites vexations, des remarques
pointues. Si elles en viennent aux mains, elles n'usent pas
des mêmes armes; elles se servent de leurs ongles, elles
se tirent les cheveux. Les garçons tiennent en grand
mépris ces procédés de filles, ce qui
veut dire dans leur bouche que ce sont des procédés
déloyaux.
Autrement dit, les manifestations de violence chez les filles
sont communément refusées, alors que les exploits
combatifs des garçons sont mieux tolérés
et même encore parfois sournoisement encouragés
par certains parents.
Les enfants transforment en jeu ce qui est le déploiement
de leurs rivalités. Tant mieux s'ils sont capables
de créer un monde imaginaire qui leur permet d'imaginer
des fantasmes de maîtrise qui portent sur la vie et
la mort. Ils savent très bien que la guerre est un
drame quotidien qui fascine les adultes qui regardent le journal
télévisé. Si les enfants ne pouvaient
pas jouer à la guerre, ils subiraient passivement le
spectacle de ces horribles tueries qui existent quotidiennement
dans le monde. Ce sont grâce à leurs jeux qu'ils
supportent la réalité.
Les filles et les garçons se développent très
différemment par rapport à leur corps sexué.
La fille est en principe en identification à sa mère
et le garçon en identification au père où
à l'adulte dans son entourage qui peut lui servir de
modèle viril. La mixité à l'école
n'empêche pas la ségrégation des jeux
à la récréation entre garçon et
fille à partir de 9 ans.
Les garçons préfèrent le football et
les filles secrètement vexées du désintérêt
des garçons les observent à distance et échangent
entre elles des confidences et des secrets. C'est l'âge
où les filles voudraient en même temps exercer
un pouvoir tentateur qui tourne la tête des garçons
et les entraîner dans leur rêverie, et en même
temps être encore spontanées comme eux et partager
leurs jeux un peu trop violents dont ils les tiennent à
l'écart. Les garçons, jusqu'à huit ans,
s'étaient intéressés aux filles en se
faisant leur champion dans des jeux guerriers où ils
cherchaient à éclipser les autres garçons
aux yeux des filles. Mais à 9 ans ils découvrent
les jeux sportifs, l'amitié entre garçons et
ils laissent tomber les filles. Seuls les plus doux d'entre
eux continuent à frayer avec les filles qui se mettent
à les snober parce que du coup ils ne se montrent pas
assez virils. Les garçons élevés dans
des familles où les soeurs sont plus nombreuses, surtout
si ce sont des soeurs aînées, peuvent avoir du
mal à se montrer garçon dans la mesure où
les soeurs aînées essaient d'attirer l'attention
du père avec leur séduction naturelle.
Le garçon a à trouver une voie d'accès
auprès de son père qui ne soit pas celle de
la séduction. Pour se développer en garçon,
il a besoin du modèle identificatoire paternel. Faute
de réussir à attirer son attention et en difficulté
à canaliser son agressivité, il risque de se
montrer hargneux, opposant et jaloux. Le père peut
lui proposer de l'initier à des jeux de force ou même
des sports de combat. Mieux valent les combats à la
loyale que les rivalités sourdes dans lesquelles ils
risquent de n'avoir jamais le dessus.
2. Troubles du sommeil
L'endormissement.
Des difficultés d'endormissement ne sont pas rares
chez de jeunes enfants entre un et trois ans. Les parents
s'inquiètent de voir s'installer un cérémonial.
L'enfant, couché vers huit heures et demi à
la fin du repas des grands, va faire de nombreuses apparitions
dans la salle de séjour, se plaignant de ne pas trouver
le sommeil. Il réclame à boire, un bisou supplémentaire,
qu'on le borde à nouveau dans son lit. Il se plaint
aussi parfois de retrouver dans l'obscurité, des cauchemars
répétitifs. En effet, dans cette attente, il
reste l'oreille aux aguets, les yeux grands ouverts dans le
noir, dans la crainte de voir surgir le loup, le fantôme
ou le crocodile de ses angoisses.
Il y a le plus grand rapport entre ces cauchemars angoissants
et la nécessité de l'invention de théories
sexuelles infantiles. Si l'enfant parvient à inventer
une théorie sexuelle qui le satisfait, du moins provisoirement,
les cauchemars reculent, le sommeil se rétablit, l'endormissement
se fait sans histoire. D'où l'importance de savoir
répondre à ses questions au niveau exact où
il les formule. Un garçon de trois ans veut savoir
si, quand il sera grand, il épousera maman. Une petite
fille du même âge demandera quand elle aura des
seins et des chaussures à talons comme maman ou si
un jour elle aura un zizi comme un garçon. Un enfant
de cinq ans s'inquiétera de savoir si un mort peut
revenir à la vie, si la guerre peut recommencer, si
les requins peuvent s'approcher des plages, les loups sortir
des forêts et les dinosaures réapparaître.
Il ordonnera le monde en construisant ou en dessinant des
châteaux forts et des digues pour mettre les bateaux
à l'abri. Il se fera l'allié de personnages
tutélaires, Robin des bois, Superman ou Geronimo, auxquels
il pourra s'identifier.
Un enfant qui dort mal est celui qui n'a pas à sa disposition
un monde imaginaire rassurant qui est débordé
par sa propre agressivité et ne trouve pas dans son
entourage proche un aîné ou un adulte assez solide
capable de le protéger de son angoisse.
3. Autres
Un enfant désiré
Qu'est-ce qu'un enfant désiré d'un point de
vue psychanalytique ? L'enfant désiré, c'est
l'enfant qui est désiré dans l'inconscient de
chacun de ses parents comme l'enfant de l'autre lignée.
L'amour génital seul permet à la génétique
de se symboliser. Une relation sexuelle, même si elle
n'est pas suscitée par le désir, peut être
féconde et l'enfant dont la naissance aura été
tout de même souhaitée peut avoir été
engendré dans le refus de toute jouissance sexuelle.
Certaines prescriptions sexuelles d'origine religieuse interdisent
la masturbation. Par exemple la religion juive interdit la
masturbation et plus précisément interdit que
la semence d'un homme aille ailleurs que dans le ventre d'une
femme. Paradoxalement un homme croit s'en tenir aux prescriptions,
alors que tout se passe comme s'il se masturbait à
l'intérieur de sa femme. De son côté une
femme frigide peut s'offrir "en sacrifice" aux copulations
de son conjoint sans jouissance aucune, dans l'espoir d'être
fécondée avec son assentiment ou pas.
Je pense à Emmanuel, un enfant de huit ans dont sa
mère disait qu'il avait été désiré
et elle n'en finissait pas d'expliquer à quel point
il la décevait. Elle insistait sur son exceptionnelle
intelligence. Elle l'avait fait tester et brandissait le résultat
de son QI à 140. "Est-ce que vous connaissez des
enfants aussi performants" ? Me demanda-t-elle. Je dis
qu'avec un QI pareil Emmanuel était riche en potentialité
et que je m'interrogeais avec elle sur ses échecs scolaires,
son état d'instabilité permanente et ses réactions
d'agressivité compulsionnelle. Cette femme appartenait,
disait-elle, à une lignée prodigieuse dans un
pays du Moyen-Orient dont ses parents âgés avaient
été chassés. Au moment de leur départ,
ils avaient organisé le mariage de leur fille avec
le père d'Emmanuel pour assurer sa vie matérielle.
Elle lui vouait, quant à elle, une haine solide. Pour
elle l'intelligence de son fils était celle de sa lignée
maternelle qui avait compté des savants d'une exceptionnelle
culture et c'était sans aucun doute celle de son mari
qui avait entaché la sienne, faisant de cet enfant
un raté. Ce qu'elle demandait à son fils était
de désavouer la lignée paternelle. L'enfant
réagissait comme il pouvait à cette passion
possessive et exclusive de sa mère. Son instabilité
anxieuse ne l'autorisait pas à se concentrer sur les
matières enseignées. La masturbation compulsionnelle
qui s'en suivait l'épuisait. Soutenir son désir
viril entrait en contradiction avec l'interdit de sa mère
de s'identifier à son père.
Alors un enfant désiré ou non désiré
qu'est-ce que ça veut dire ? Bien sûr les enfants
le voient bien. Leurs parents ont pu avoir des enfants alors
qu'ils ne s'aimaient pas ou ne s'aimaient manifestement plus.
Ce que nous pouvons leur dire quand ils nous interrogent à
ce sujet, c'est que les enfants non désirés
ont voulu vivre et qu'ils sont la preuve tangible de la génétique
humaine en tant qu'ils représentent le désir
de l'espèce pour que la lignée de la mère
et la lignée du père puissent continuer. Il
n'est pas rare qu'un homme ou une femme, même s'ils
ont eu des enfants sans inclination pour leur partenaire,
aiment dans leur enfant ce qui a pu prolonger la lignée
de l'autre. Ils opèrent une sorte d'adoption de leur
propre enfant, en acceptant qu'il représente la lignée
de l'autre. L'amour génétique, c'est l'amour
à symboliser.
Remarquons que l'enfant désiré est souvent l'enfant
de nos rêves. Un enfant tellement désiré,
tellement rêvé a toutes les chances d'être
décevant. L'enfant désiré peut être
cet enfant de rêvé du fantasme oedipien, l'enfant
que la petite fille aurait voulu avoir de son père
ou que le garçon aurait voulu donner à sa mère.
Cet enfant est-il mieux loti que l'enfant non désiré
? On peut se le demander.
L'enfant de deux homosexuels peut-il être l'enfant du
désir, connaîtra-t-il les mêmes possibilités
d'identifications, sera-t-il libre du chois de sa sexualité
? Peut-il s'inscrire dans la lignée de l'autre puisque
l'homosexuel désavoue le désir de ses parents
qui l'a fait naître, le désir hétérosexuel.
Ce qu'un homosexuel appelle désir d'enfant est-il la
duplication de son partenaire. C'est bien pour ça que
la demande d'une paternité homosexuelle est inquiétante,
c'est qu'elle serait en parfaite adéquation avec les
possibilités nouvelles de clonage humain, merveille
technologique qui éviterait la rencontre d'un gamète
mâle avec un gamète femelle. On voit qu'il y
a lieu de s'interroger longuement à ce sujet avant
d'ouvrir les portes à des possibilités d'accommodement
de la génétique humaine, au nom de la tolérance
sociale.
Avec les possibilités de mesures anticonceptionnelles,
les études plus longues des jeunes adultes, les naissances
planifiées sont décidées plus tardivement.
Les femmes surtout accèdent à la maternité
plus tard que leur mère. L'âge moyen des parents
à la première naissance a reculé. Les
parents sont-ils plus mûrs et plus responsables pour
cela ? Ce n'est pas certain. Pas mal d'entre eux gardent la
nostalgie de leur liberté de célibataires. Le
niveau de vie a beau avoir notablement augmenté, les
charges que représentent l'entretien et l'éducation
d'un enfant sont souvent ressenties comme des sacrifices.
L'incertitude de l'emploi est souvent invoquée pour
limiter le nombre des naissances. Il est intéressant
de note cependant que dans les familles où les femmes
ont un bon niveau d'études, le nombre de naissances
programmées est en augmentation sensible. Les femmes,
quand elles le peuvent, veulent- elles réussir dans
tous les domaines à la fois ? Cette façon délibérément
optimiste de concevoir l'avenir est-elle un luxe ? Ou ces
femmes sont-elles des pionnières ? L'avenir nous le
dira.